La fête des fous

Au Moyen-âge, la fête des fous

Au Moyen-âge, si Saturne et le Soleil Invaincu disparaissent des célébrations de la fin décembre, la facétie, elle, n’a pas dit son dernier mot, comme en témoigne la Fête des fous, sur laquelle s’ouvre le roman Notre-Dame-de-Paris, de Victor Hugo, donnant à voir des scènes de grande liesse populaire.

Elle était célébrée les 26, 27 et 28 décembre dans de nombreuses villes de France mais aussi en Europe. On l’appelait aussi la fête des Sous-Diacres, des Diacres-Saouls, des Libertés de décembre, ou encore fête des Innocents ou fête de l’âne, puisqu’elle était censée honorer l’âne sur lequel Jésus fit son entrée dans Jérusalem et le massacre des enfants de moins de 2 ans nés à Bélen, ordonné par le roi Hérode qui voulait tuer le nouveau-né Jésus de Nazareth.

Aubin-Louis Millin de Grandmaison, bibliothécaire français et grand érudit vivant au XIXe siècle, décrit La fête des fous comme un épisode donnant lieu à des rites très bizarres. On retrouve dans cette mascarade l’idée d’inversion sociale puisque le clergé cédait alors l’exercice de la prêtrise au peuple, et notamment à un enfant qui recevait le titre d’évêque des fous. Il occupait le siège du prêtre puis prenait la tête d’une procession festive où on retrouvait des membres du clergé, gens du peuple et fêtards. L’ambiance était des plus paillardes : les prêtres se barbouillaient le visage, dansaient dans les rues, chantaient des chansons obscènes, prenaient des poses suggestives et impudiques, le peuple buvait et s’adonnait à toutes sortes d’excès.

En raison des débordements auxquels elle donnait lieu, la fête fut peu à peu prohibée, non sans difficulté. Pour y parvenir, l’Église alla jusqu’à autoriser l’usage de la violence pour hérésie contre les membres du clergé qui persistait à y participer. On fit en sorte de sacraliser la période de Noël et les festivités populaires furent alors repoussées de quelques semaines. Elles deviendront le Carnaval.

Article extrait du site: Brunhilde-mag.com